Bien que le terme “Fake News” soit entré dans le langage courant, la pandémie de Covid-19 a montré à quel point ce problème peut être dévastateur s’il n’est pas contrôlé. En 2020, on ne comprenait pas grand-chose à ce nouveau virus qui a contraint tous les gouvernements à interrompre la vie quotidienne pour contrôler sa propagation – et la Suisse n’a pas fait exception. Avec la multiplication des théories du complot et la popularité accrue des médias alternatifs, l’opposition s’est mise à protester contre les restrictions gouvernementales, comme le port du masque, et les gens ont été en véritable quête de réponses. Malgré la tendance aux fake news, les médias alternatifs restent une “niche”, comme l’ont expliqué M. Humprecht et d’autres experts dans un article de swissinfo.ch. En raison de la faible division des habitants et de la sensibilisation du public aux fake news, il est moins probable que la désinformation se propage en Suisse, d’après eux.

De nouvelles lois ?

Avant même le début de la pandémie, plusieurs mesures avaient été prises afin de fixer des règles plus strictes sur les réseaux sociaux. Le gouvernement suisse étudie actuellement la nécessité ou non d’une législation pour lutter contre la désinformation, les fausses informations et les discours de haine en ligne.
Toutefois, les avis à ce sujet ne sont pas unanimes. Par exemple, Alan Bersait, actuel membre du Conseil fédéral suisse, a déclaré dans un article publié par l’Agence européenne pour l’innovation qu’il croit en la nécessité d’une presse solide, diversifiée et indépendante qui mènerait des débats, car les fake news ne devraient pas être réglementées par le gouvernement – la vérité et le mensonge ne pouvant être différenciés par l’administration publique.
Actuellement, la Suisse n’a pas de stratégie officielle de lutte contre la désinformation et, hélas, le succès des fake news peut être expliqué par une crise de confiance envers les démocraties.

La solution ?

Thomas Widmer de l’Université de Zurich, affirme que le système politique suisse est moins en proie aux fake news, car le pays ne compte pas de personnalités politiques importantes, et les électeurs votent pour des partis plutôt que pour des candidats.
Les politiciens suisses estiment que leurs citoyens sont capables d’identifier les messages alarmants et les fake news, et qu’ils savent comment vérifier les informations sur le serveur officiel du gouvernement. Il est vrai qu’en Suisse, les fake news ont une courte durée de vie car l’information est bien vite vérifiée et corrigée. Pour le gouvernement fédéral suisse, il ne serait donc pas judicieux de résoudre ce problème par voie législative comme c’est le cas en Allemagne ou en France.

Une campagne de l’association de médias Schweizer Medien intitulée “Fake news ? Pas dans la presse suisse” a été lancée dans le but de faire identifier le vrai du faux. En réalité, les lecteurs suisses font confiance aux médias traditionnels et, selon le rapport de l’Institut Reuters en 2020, les actualités liées à la pandémie possédaient une couverture médiatique de très bonne qualité. Les recherches montrent que la population suisse fait davantage confiance aux médias traditionnels qu’aux réseaux sociaux pour s’informer sur le Covid-19.
Aujourd’hui, il existe plusieurs manières d’identifier les générateurs de fake news, mais le plus grand défi et la meilleure solution est de travailler à la sensibilisation de la population dès le plus jeune âge.