Depuis le début des campagnes de vaccination, des rumeurs infondées liées à la fertilité et à la grossesse des femmes vaccinées fusent un peu partout. Selon un sondage de l’institut américain Kaiser Family Foundation publié début mai, deux tiers des personnes affirmant être sûres qu’elles ne se feront pas vacciner s’inquiètent des conséquences sur leur fertilité. Cela en dit long sur l’impact de ce type d’informations sur l’opinion publique. Pourtant, parallèlement, une étude menée par les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies a révélé que chez les femmes ayant reçu les vaccins Pfizer ou Moderna COVID-19, les taux de fausses couches, de naissances prématurées et d’autres complications étaient similaires à ceux observés chez les femmes enceintes avant la pandémie.

La fake news la plus récente à ce sujet en France est que 50% des femmes enceintes vaccinées avec Pfizer auraient fait une fausse couche. Cette information a été pour la première fois relayée dans une vidéo d’un médecin partagée plusieurs milliers de fois sur les réseaux sociaux. En réalité, il s’agit tout simplement d’un énorme contre-sens. En effet, L’Agence de sécurité du médicament a publié le 21 mai une Enquête de pharmacovigilance sur les effets indésirables des vaccins Covid19 chez les femmes enceintes et allaitantes dans laquelle est écrit à propos du vaccin Pfizer-BioNTech : “Sur les 28 notifications d’effets indésirables avec le vaccin Comirnaty®, 14 soit 50% étaient des fausses couches“. En réalité, ces données indiquent que les cas de fausses couches représentent 50% des 28 signalements d’effets secondaires chez des femmes enceintes vaccinées avec Pfizer, et non 50% des grossesses. Cet exemple nous montre à quelle point une information peut être détournée et faire peur au plus grand nombre.